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    Annette / Tricot machine- 18 janvier 2012

    Code Culture d’Anne-Marie Oliver: Misteur Valaire

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    ANNETTE / TRICOT MACHINE

    Soir de tempête hivernale pour la première d’Anne-Marie Olivier.

    Nous sommes invités à suivre l’histoire d’Annette qui est née un soir de St-Jean-Baptiste. Elle tricotera pour nous, un destin se mutant en un moment charnière.

    Nous sommes le 20 Mai 1980.

    «Est-ce qu’on va la perdre ou on va la gagner?», s’inquiète l’ambulancier. On parle ici d’une partie ultime, celui de la vie d’une femme venant de subir un AVC et d’un pays voulant s’émanciper. Tout au long de cette pièce, les destins croisés de cette tricoteuse au destin cahoteux, entre la vie et la mort, et du Québec qui tente de s’affirmer, seront inextricablement liés.

    L’époque est clairement définie, elle s’étend de 1954 à 1980 et a comme toile de fond le quartier Limoilou. En fait, Annette est un hymne émouvant à Limoilou et au Québec tout entier. Affaire de cœur.

    Pour cette deuxième mouture, (la pièce fut présentée en 2009) le spectacle a été resserré, bonifié. On a ajouté plusieurs scènes et fait tomber quelques autres. À l’instar des autres textes de l’auteure (Gros et détails, Psychomaton), on y parle de problématiques sociales sans sombrer dans le pathos. La lumière, la douceur et l’innocence de ses personnages viennent à tout coup adoucir ce qui nous est difficile à absorber.

    Pour Annette, la charge émotive est grande.

    Certains passages nous poussent vers des zones d’obscurité : le viol, la pauvreté, l’avortement et la mort. Malgré cela, une enclave de chaleur humaine nous berce du début jusqu’à la fin; nous sommes interpellés, questionnés, mais la poésie nous souffle de ne pas s’inquiéter.

    Elle est touchante, cette poésie. Elle est accompagnée, avec justesse et parcimonie, à la musique par Mathieu Girard.

    Annette nous accueille sur une patinoire prenant toute la surface de la scène, elle sera pour l’heure et quelques poussières en patins. Une corde à linge vient soutenir la tricoteuse pour illustrer ses souvenirs comateux. D’une balle de laine énorme, elle nous transporte dans les divers événements ayant eu de l’importance dans sa vie. De cette même balle, est imaginé, un éventail de lieux et d’objets, plus inventifs les uns que les autres.

     

    Nous ressortons émus de cette pièce, un peu déçus qu’elle soit terminée. Le cœur soufflé d’une belle chaleur, prêt à affronter de nouveau la tempête. Le cocon, la bulle, la machine à tricoter l’imaginaire, nous a réchauffé l’âme et l’esprit. Dans le livret remit à l’entrée, l’auteure s’interroge : «La battante de Limoilou,  criblée de tristesse, du haut de son balcon sur la troisième avenue, arrive à changer le vrombissement des voitures en bruit de vagues. La résilience, la chaleur humaine et l’esprit peuvent-ils sauver la vie?»

    Après avoir vu cette pièce, nous sommes persuadés que oui.

    Merci Anne-Marie!

    Open Mic

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