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    Chroniques de Jérusalem- 06 janvier 2012

    Chroniques de Jérusalem

    Guy Delisle (Delcourt, 2011)

    Après la Corée du Nord, la Chine et la Birmanie, Guy Delisle nous convie maintenant à passer avec lui une année en Terre Sainte avec son nouvel opus, Chroniques de Jérusalem. Le volume a été maintes fois mentionné dans les palmarès de fin d’année 2011, et avec raison! La grande capacité qu’a l’auteur à raconter à la fois petits et grands événements fait de l’ouvrage une recommandation facile pour tout amateur de bande dessinée.

     

    Ce qui fait la force des récits de Guy Delisle, c’est cette capacité qu’il a à raconter, à expliquer et, peut-être surtout, à s’étonner, s’émerveiller, se questionner. Il se fait à la fois touriste, observateur, pédagogue, journaliste, citoyen. En racontant sa propre vie, il réussit à nous faire comprendre la réalité du monde qui l’entoure. Et cela, toujours avec humour et simplicité, avec précision autant dans le trait que dans les mots.

    Dans Chroniques de Jérusalem, on plonge donc à la découverte de la réalité israélo-palestinienne. Bien qu’on en ait maintes fois entendu parler à travers le spectre médiatique, on comprend, à la lecture des premiers chapitres, que ce qu’on croyait en saisir n’est que la pointe d’un iceberg bien complexe.

    L’auteur visite Jérusalem, d’est en ouest, mais également les lieux et villes environnants. Cités palestiniennes occupées. Colonies juives. Village des Samaritains. Campement de peuplades vivant au cœur de plaines rocailleuses. Cela, sans oublier le Mur de la Séparation. Omniprésent autant dans les paysages et la vie des habitants d’Israël et Palestine que dans certaines des pages dessinées par Guy Delisle. Un mur qui, visiblement, a transformé les habitudes de déplacement, les habitudes de vie, de ceux qui vivent en son pourtour, ou à l’intérieur de ses limites.

    On parlera aussi beaucoup de Gaza dans cet ouvrage. D’abord, pour des raisons évidentes : si Guy Delisle passe une année à Jérusalem, c’est pour y accompagner son épouse, qui travaille pour Médecins sans frontières (MSF). Un travail qui la mène d’ailleurs régulièrement à Gaza, ville enclavée qui restera inaccessible au dessinateur. Un travail qui rendra complexes les déplacements hors pays pour l’auteur, alors que les douanes israéliennes s’agitent dès que Gaza est mentionnée. Et, surtout, moment charnière dans le livre, dans lequel l’urgence prendra le dessus sur tout le reste : en réplique à des roquettes lancées de Gaza, Israël bombarde le secteur pendant plusieurs jours. Les locaux de MSF s’affairent. L’aide humanitaire s’organise…

    Mais tout n’est pas que grands évènements dans cet ouvrage, bien au contraire. Petites joies et misères du quotidien les côtoient. Bouchons de circulation sur les routes de Jérusalem. Rencontre avec des étudiants en arts d’universités israéliennes et palestiniennes. Horaires plutôt alambiqués des congés et jours d’ouverture des commerces, selon les confessions de chacun. Activités familiales : visites au zoo, au parc, promenades. Tout ça, à l’ombre du conflit opposant Israël et Palestine qui, lui aussi, oscille entre petites et grandes répercussions.

    À l’image de Pyongyang, Shenzen et Chroniques birmanes, la lecture de Chroniques de Jérusalem s’impose.

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